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Avec les peintres du XIXe, les fleurs s'animent et frémissent au soleil. Le romantisme libère la fleur.
Il semble que les peintres du XIXe tels que Grandville (1803-1847), Delacroix (1798-1863) et Courbet (1819-1877) veuillent s'échapper d'une précision botanique devenue pesante. La mode du ballet se mêle à la fleur sous la forme de femmes-fleurs dont témoigne le très célèbre poème Le spectre de la rose de Théophille Gautier, mis en musique par Berlioz (1841), qui précède de peu les Fleurs animées de Grandville.
L'émancipation de la peinture florale doit beaucoup aux artistes de Mulhouse, qui, bien que formés à la précision nécessaire au décor imprimé sur les étoffes de coton, aiment représenter le végétal dans son cadre naturel.
Parmi les représentations de panoramique florale, la Touffe de Pivoines blanches et roses en pleine terre peinte en 1866 par Alexis Kreyder (1839-1912) est particulièrement remarquée.
Les peintres lyonnais adoptent très vite à leur tour un style affranchi des rigueurs académiques de leurs prédécesseurs.
Cette liberté se retrouve dans Le treillis ou Jeune fille arrangeant des fleurs de Gustave Courbet qui inaugure le genre du portrait floral.
Parmi les Lyonnais, Simon Saint-Jean (1808-1860) acquiert une réputation internationale avec des compositions qu'il dessine pour les Pays-Bas, l'Allemagne, l'Angleterre, l'Italie et la Russie. Rothschild et Delessert comptent parmi ses admirateurs Parisiens.
Ces compositions préfigurent les compositions panoramiques de fleurs des champs telles que le Champ de Coquelicots de Monet.
La guerre de 1870 produira une nouvelle génération de peintres de natures mortes tels que Fantin Latour (1836-1904).
Cependant, en France, les peintres de fleurs sont la cible d'une critique méprisant son genre.
Même Baudelaire raille ouvertement la peinture de Saint-Jean dans son Salon de 1845 : " Le tableau de M. Saint-Jean est d'un fort vilain aspect, - c'est monotonement jaune - au total, quelque bien faits qu'ils soient, les tableaux de M. Saint-Jean sont des tableaux de salle à manger, - mais non des peintures de cabinets, de galerie ; de vrais tableaux de salle à manger ".
Et les peintres femmes ?
Au contraire de la capitale, Lyon refuse aux femmes la pratique de la peinture florale. Rarement admise dans la Fabrique, jamais dans les cabinets de dessinateurs, elles sont exclues de l'Ecole des Beaux-Arts et de la plupart des ateliers. Eléonore Escallier (1827-1888) fait figure de pionnière avec son Vase de fleurs et ses expositions régulières aux Salons dès 1857.
Ruinée après la guerre de 1870, elle travaille pour Sèvres (1874) où ses modèles semblent avoir été très appréciés.
Sa carrière marque le début du féminisme.
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